Le trio Samarabalouf établi à Amiens viendra achever de chauffer la rotonde de l'INSA. Les trois musiciens, François Petit, compositeur et "leader" du trio en tête, ont connu des parcours musicaux très variés et semblent privilégier une approche plus corporelle que cérébrale de la musique. Loin cependant de sombrer dans la facilité, ils distillent un mélange frais de jazz manouche, de swing musette, de java, de rock... Ils s'expriment, quoi ! Musicien de jazz au parcours atypique, ancien batteur de hard-rock, ex-punk, tous se sont retrouvés dans la musique tzigane, jouant avec l'énergie du corps et du coeur... Evidemment la musique est populaire, résolument accessible, généreuse. Soutenu par une rythmique enchanteresse, le guitariste soliste laisse libre court à ses envies et nous raconte de petites comptines musicales parfois joyeuses, d'autre fois mélancoliques, mais qui savent toucher. Ici la virtuosité sert enfin l'émotion.
Depuis leur dernier album, "la Valche Folle", les trois s'émancipent discrètement de l'héritage tzigane pour créer un univers plus personnel dans lequel ils entraînent les spectateurs. François aimerait d'ailleurs retrouver, en concert, l'émotion qu'il a connue lors de sa résidence au Mexique : "Là-bas, la musique est une seconde nature. Tout le monde se retrouve sur la place du village pour jouer, danser, chanter. Chacun vient avec son instrument, les enfants, les vieux, tous participent. Il n'y a pas de différence entre artistes et public."
Partis comme ça c'est sur, on va passer une bonne soirée...